Sandy Skoglund ou l'art hybride

Publié le par Anne C

    Le travail de Sandy Skoglund est spécifique par sa dimension interdisciplinaire. Sa démarche artistique se traduit un emploi particulier des médiums, de la photographie, définie ici par un rôle de marqueur temporaire, la peinture utilisée comme un moyen d’assimiler sujets et objets et la sculpture afin d’organiser l’espace.

« J’ai commencé par dessiner des objets, des objets familiers. Peu après je me suis rendu compte que je créais une image, ce qui me semblait assez osé après toutes ces années rythmées par l’histoire de l’art, le cinéma et la philosophie conceptuelle. Et c’est cette démarche qui me conduisit à faire de la photographie. » *

Par ailleurs la plasticité de l’œuvre de Sandy Skoglund est accompagnée par un travail essentiel de la  mise en espace. C’est à juste titre que plusieurs critiques ont cités ses œuvres comme des « tableaux photographiques ». Elle utilise des clichés et lieux connus comme a pu le faire dans son œuvre Cindy Sherman, une photographe plasticienne qui s’est elle-même mise en scène en plagiant les actrices des années 1950-1960. L’atmosphère des photographies nous montre une esthétique à la fois graphique et plastique.

Il y a une cohabitation homme/animal dans le travail de Sandy Skoglund à travers tous ces animaux débordant presque du cadre en opposition avec la restriction de l’espace dévolu aux êtres humains, tels des mannequins inanimés constituant un simple élément du décor. Ces décors sont une liaison subtile avec les arts plastiques. Sandy Skoglund dans son studio de 150m² confectionne séparément chaque partie du décor : objets, animaux, vêtements, ce qui l’amène à faire moins d’une œuvre par an. Chaque création nécessite différentes techniques : la sculpture pour ses figurines, la peinture pour uniformiser la scène par la couleur et enfin la photographie qui clôture en quelques instants le travail de nombreux mois.   

                                                     

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