Nombreux sont les livres autobiographiques en littérature et les styles d’écriture différents tels que ceux de
Jean Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou encore Primo Levi. Depuis quelques années apparaît une nouvelle forme d’autobiographie, et cela à travers la bande dessinée. Un des pionniers de cette
nouvelle forme du 9e art est l’auteur Art Spiegelman avec son ouvrage Maus (1978-1991) relatant en bande dessinée les souvenirs d’un père ayant survécu à la Shoah ainsi que sa
relation complexe et difficile avec son propre père.
Des auteurs tels que David B et l’Ascension du mal, Marjane Satrapi et Persépolis et Jean Christophe Menu et le livret de phamille ont su poursuivre dans cette lancée
et donner un nouveau visage à la bande dessinée.
L’évolution des thématiques de la bande dessinée s’est faites dans un désir de reconnaissance du 9e
art, le genre de l'autobiographie permet de recentrer la bande dessinée sur l'auteur, sur l'artiste, et donc sur le réel. Parler de soi, c'est parler des autres, mais aussi parler de son art et
ainsi le légitimer. On remarque également le changement de public amateurs de ce nouveau genre de bande dessinée.
L’évolution des codes crée une émancipation par rapport aux codes traditionnels, renouvellement : refus des
stéréotypes, des idéogrammes, du cinéma de papier et des effets spéciaux, des ruptures de perspective, des lois psychologiques (exemple : les personnages peuvent être de différentes tailles). La
signification prime sur le réalisme, la lisibilité sur l'esthétique, ce qui entraîne une certaine sobriété et un refus de la "belle image".
C’est un travail d'élucidation qui permet de mieux se connaître, de donner une cohérence à sa vie, d'en chercher le sens, d'analyser son évolution. On peut ainsi conclure sur les paroles de Philippe Dupuy « Ce que j'ai personnellement gagné avec ce journal [Le Journal d'un album], c'est que ces questions ne m'intéressent plus. Elles ne débouchent sur aucune "vraie" réponse. Et je m'en réjouis ».

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